Immigration clandestine : Des jeunes Guinéens rapatriés de la Libye

frontiere fermeeUn groupe de jeunes a été accueilli à l'aéroport international Conakry Gbessia, en provenance de la Libye. Un avion affrété par OIM, (Organisation internationale pour les migrations) a ramené 98 Guinéens extirpés des prisons libyennes.

Ils ont été conduits à la maison des jeunes de Matam, où chacun d'eux a cherché à regagner sa préfecture d'origine. Siaka Kourouma de Siguiri dit avoir été vendu comme esclave par un arabe qui lui avait proposé du travail. « Ceux qui m’ont acheté pensaient que j’ai de l’argent, ils ont trouvé que je n’ai rien, alors ils m’ont amené en prison ». L’OIM en visite dans son pénitencier a proposé de ramener tous ceux qui sont intéressés par le retour volontaire. Au lieu de continuer à souffrir en prison, Siaka a profité de l'occasion qui s'offre à lui. L'OIM lui a donné 50 euros comme frais de transport pour regagner sa préfecture, ce qu'il compte bien faire dans les jours à venir. Désormais, même en Europe, « je ne vais pas », dit Siaka Kourouma.

Sow Alhassane lui est ressortissant de la préfecture de Kindia qu'il a quitté en août 2015 avec l’ambition de rejoindre l’Europe. Comme Siaka, Alhassane lui aussi dit avoir été vendu à des bandits qui l’ont emprisonné trois mois à Baniwalid. Après sa libération, il a tenté de rejoindre Tripoli. Sa situation s'est empirée. Un soir, dit-il, des individus armés et masqués sont venus défoncer les portes et nous ont demandé si on n’a pas de la drogue ou des femmes avec nous. "On a dit non. N’empêche, ils nous ont faits sortir et ont mis le feu à notre logement, c’était au 3è étage ». Une fois encore, Alhassane est emprisonné. Le lendemain, il sera conduit avec d’autres détenus à une autre prison. « C’est là que l’OIM m’a trouvé pour me proposer de revenir. J’ai accepté, c’était trop dur  les conditions de vie en prison ». Marié et père de deux enfants, Alhassane aurait en charge près de dix personnes à Kindia. Déjà, il a un plan pour se reconstituer, parce que l'hypothèse de l'aventure est à jamais écartée. "Je revendais des matériaux de construction, je vais reprendre cela une fois à Kindia".

Aliou Diallo pour www.guinee58.com

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