Rencontre Alpha-Cellou: "J’ai demandé que la rencontre soit reportée" précise Cellou Dalein Diallo

cellou_dalein_diallo_1La rencontre entre le président Condé et son principal opposant n'aura finalement pas lieu. Cellou Dalein Diallo a annoncé qu'il n'irait pas dialoguer ce vendredi matin avec le chef de l'Etat. Une décision prise après une nouvelle journée de violences à Conakry. Des heurts ont de nouveau éclaté entre forces de l'ordre et manifestants protestant contre le nouveau calendrier électoral.

La journée a fait au moins un mort, un jeune abattu à Hamdallaye. Le gouvernement parle de quatre blessés, dont deux civils blessés par balle, et deux arrestations. Selon l'opposition, il y aurait au moins une quinzaine de blessés, dont quatre par balle, et dix arrestations. L'opposition dénonce par ailleurs l'attitude de certains militants du parti au pouvoir qui auraient incendié deux concessions et défoncé des boutiques dans le quartier de la Cimenterie, et ce sous la protection des forces de l'ordre, selon un des leaders.

 

De leur côté, les jeunes manifestants de l'opposition ont fait brûler des pneus dans plusieurs quartiers périphériques et se sont affrontés aux services de l'ordre à Cosa, Koloma ou encore Bonfi. La zone du marché Madina a une nouvelle fois été paralysée par ce climat de tensions.

 

« J’ai demandé que la rencontre soit reportée »

 

Les forces de l'ordre ont par ailleurs cerné les domiciles des leaders de l'opposition, empêchant toute personne d'entrer ou de sortir, notamment celui de Cellou Dalein Diallo. Le chef de file de l'opposition guinéenne a donc déclaré jeudi soir qu'il renonçait à rencontrer vendredi le président Alpha Condé au palais présidentiel. « Je n'irai pas là-bas demain [vendredi] », a-t-il affirmé.

 

« Finalement j’ai demandé que la rencontre soit reportée pour que le contexte soit plus serein et plus apaisé parce qu’aujourd’hui je suis très déçu et frustré de la séquestration dont ma famille a été l’objet, a-t-il expliqué. Parce que je n’étais pas la seule personne visée. Tous les membres de ma famille étaient interdits de sortie de mon domicile parce que les gendarmes et les policiers qui étaient à mon portail ont dit que personne ne devait sortir. La violence qui s’est abattue aussi sur les militants. On est rentré dans les maisons, on a commis beaucoup d’exactions. On a tué à bout portant à 18h un jeune de 30 ans et on a détruit les boutiques de manière sélective. En détruisant les boutiques de ceux qui sont supposés être de mon parti. Quand même à la veille de cette rencontre je ne peux pas comprendre que la répression soit plus forte, plus cruelle, donc je préfère que cette rencontre qui a suscité beaucoup d’espoir se tienne dans un contexte plus apaisé et plus serein, pour que la rencontre soit plus productive. »

 

RFI