ebola_3La France s'apprête à accueillir son premier patient atteint d'Ebola, une volontaire française de Médecins sans Frontières (MSF), contaminée par le virus au Liberia et qui pourrait être rapatriée à Paris par avion spécial dès jeudi.

 

Dans un communiqué conjoint, les ministères des Affaires étrangères et de la Santé ont indiqué mercredi soir que la malade serait rapatriée "dans des conditions de sécurité maximale, dans un avion médicalisé dédié", sans préciser ni à quelle date aura lieu le transfert ni où la malade sera hospitalisée.

 

Mego Terzian, président de MSF France, a pour sa part laissé entendre mercredi sur France Inter que son rapatriement à Paris pourrait avoir lieu dès jeudi.

 

A la question "c'est pour demain (jeudi) a priori?", M. Terzian a répondu: "Oui".

 

Une conférence de presse est prévue au siège de MSF jeudi à 12 heures.

 

L'âge et l'identité de la volontaire de MSF n'ont pas non plus été rendus publics. MSF s'est contenté d'indiquer quelle avait été placée en isolement mardi, "dès l’apparition des premiers symptômes" et que son état était "stable". Les tests de laboratoire réalisés le même jour ont confirmé une infection au virus.

 

"MSF applique des protocoles de protection extrêmement stricts. Cependant, ce risque fait partie de ce type d’interventions et nos équipes ne sont pas complètement épargnées", a expliqué Brice de le Vingne, directeur des opérations de l'organisation dans un communiqué.

 

Depuis le début de l'année, l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola a fait 2.461 morts sur 4.985 cas recensés principalement au Liberia, en Sierra Leone et Guinée, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

 

Dans leur communiqué conjoint, les deux ministères précisent que "le dispositif prévu par le gouvernement français pour les rapatriements sanitaires de patients atteints d’Ebola a été immédiatement déployé".

 

"Les conditions de transport et d’hospitalisation vont strictement respecter toutes les recommandations internationales pour éviter toute contamination d’une tierce personne", ajoutent-ils.

 

- des précédents en Europe -

 

La France se prépare depuis plusieurs semaines à faire face à des cas d'Ebola et a habilité une série d'hôpitaux référents tant à Paris et en province pour prendre d'éventuels patients en charge. Parmi eux figurent le service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Bichat à Paris qui avait ouvert ses portes aux journalistes le mois dernier.

 

Aucun cas avéré d'Ebola n'a été signalé à ce jour en France, tandis que plusieurs cas suspects ont été rapidement écartés.

 

Ce n'est pas la première fois qu'un patient atteint d'Ebola est rapatrié en Europe. Le premier d'entre eux, un missionnaire âgé de 75 ans, avait été rapatrié du Liberia début août à Madrid et traité en vain avec un sérum américain expérimental. Il était décédé quelques jours plus tard.

 

Fin août, un ressortissant britannique vivant en Sierra Leone et testé positif au virus Ebola avait été rapatrié à bord d'un avion médicalisé, vers le Royaume-Uni.

 

Le président américain Barack Obama a pour sa part appelé mardi "à agir vite" face à l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest pour éviter que des "centaines de milliers" de personnes ne soient infectées par ce virus contre lequel l'ONU entend mobiliser un milliard de dollars.

 

Dans leur communiqué de mercredi, la ministre de la Santé Marisol Touraine et le ministre des Affaires Etrangères Laurent Fabius réaffirment "l'engagement de la France aux côtés de l’OMS et des Etats africains pour combattre l’épidémie d’Ebola, notamment en renforçant les moyens matériels et humains déjà mis à disposition ou en cours d’acheminement (personnels de santé, équipements, prise en charge de centres de traitement…)".

 

Aucun traitement, ni vaccin homologué n'est disponible actuellement contre Ebola. Cette épidémie est la plus grave depuis l'apparition de ce virus en Afrique en 1976.

AFP