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Interview de M. Sékou Keita, Président de l’association Badenya Yvelines France

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Guinee58 : Bonjour M. Keita. Pouvez-vous présenter à nos lecteurs ?

Sékou Keita : Je m’appelle Sékou Keita 59 ans depuis le 12/03/2012 Marié 3 filles et je viens d’être Papy pour la 2eme fois Dieu merci chose que je souhaite à tout le monde à la retraite depuis le 01/03/2012. Ancien défenseur de Guinée football Club, j’ai évolué en 2ème, 3ème et 4ème division. J’ai également fait un stage en 1974 au P.S.G .

J’ai les diplômes d’animateur-initiateur, d’animateur seniors et le brevet 1er degré spécifique. J’ai été responsable de l’école de football à Aubergenville dans les Yvelines de 1982 à 2002, où tous les ans j’ai eu en moyenne 250 jeunes et même 300, les années d’après coupe du monde. J’ai suivis des jeunes jusqu’à la catégorie séniors afin de créer des liens privilégiés. Politique payante car aujourd’hui j’ai encore beaucoup de complicités avec la majorité des joueurs que j’ai entrainés. J’ai aussi eu la chance d’amener des jeunes au centre du P.S.G dont un est devenu professionnel, d’autres au centre de l’AJA Auxerre, et un qui a évolué dans l’équipe nationale du Togo.

Guinee58 : Pouvez-vous nous parler de votre association Badenya Yvelines France ?

Sékou Keita : Badenya Yvelines est une Filiale de Badenya France présidée par le grand frère Kabiné Keita. Badenya Yvelines me permet de faire les démarches administratives dans mon département sans être obligé de me rendre à Paris ou à Montreuil où se trouve le siège. Elle me permet également l’organisation d’évènements, comme en 2011 où j’ai travaillé avec 3 classes sur l’Afrique, ce qui nous a donné l’occasion de faire venir un artiste Guinéen Papa Dioubaté, faire goûter des spécialités africaines préparées par mon épouse. Cela a permis aux jeunes d’apprendre des contes, de jouer de la Cora mais aussi de chanter des chansons guinéennes grâce à Papa Dioubate que je remercie. Aujourd’hui ces enfants savent placer la Guinée sur une carte d ‘Afrique. J’organise également des évènements sportifs. Dont un tournois de football le 10/06/2012 de 9h à 20h. Ce tournois sera le rassemblement de toutes les générations de joueurs que j’ai eu le plaisir d’entraîner. Nous terminerons cette journée par un match de gala dont les équipes seront composées d’anciens internationaux amenés par notre ancien capitaine du Syli Nationale Morlaye Sylla dit Mazo. J’avais déjà organisé il y a quelques années un match de Gala avec presque toute l’équipe d’Algerie de la coupe du monde de 1982, qui était opposée à une équipe amenée par le grand Georges Weah et Amara Simba.

 

Guinee58 : Quelles sont les actions déjà réalisées par votre association ?

Sékou Keita : Badenya Yvelines et Badenya France ont pour objectif l’entraide aux ressortissants de notre région et des frères guinéens, ainsi qu’apporter à chaque fois selon nos modestes moyens notre soutien à la ville. Comme par exemple en 1987 lors de l’Incendie de mon Village Djélibakoro, nous avons délégué le Président et avons contribué à hauteur de 700.000 FG. Pour l’ouverture de l’hôpital de Siguiri nous avons envoyé, des lits, des pèses bébés, des médicaments ainsi que des fournitures scolaires pour les écoles (livres, cahiers, stylos, calculatrice), des équipements sportifs (ballons, maillots, chaussures, balles de tennis, chaussettes, pompes pour gonfler les ballons) Nous soutenons les centres NAFA pour l’insertion des jeunes filles dans la vie active, l’alphabétisation et l’apprentissage d’un métier et l’ouverture d’une Bibliothèque. Le plus souvent lors de son voyage chaque membre apporte du matériel.

 

Guinee58 : En quoi, consiste votre projet de centre sportif à Siguiri ?

Sékou Keita : En tant qu’ancien footballeur j’ai suggéré lors d’une de nos réunions la construction d’un centre sportif et éducatif pour permettre aux jeunes d’aller à l’école et d’avoir une formation sportive telles que Football, Athlétisme, Tennis, Basketball, Volleyball et d’autres disciplines plus tard. En2006 j’y suis allé pour voir la faisabilité du projet, et les autorités de Siguiri dont son Maire Monsieur Cherif Keita paix a son âme ont mis à disposition 6 hectares de terrain. Ce projet est salutaire pour ce département, pour la région et pour notre Pays la Guinée. A ma connaissance un tel centre regroupant plusieurs disciplines n’existe nulle part en Afrique.

 

Guinee58 : Pourquoi à Siguiri et non ailleurs, à Conakry par exemple ?

Sékou Keita : Parce qu’il est plus facile au président Kabiné Keita d’avoir 6 hectares à Siguiri qu’ailleurs puisqu’ il est natif de cette Ville. N’y voyez aucun régionalisme là-dedans. Siguiri est une ville où il y a de l’espace. Aux mois d’avril et mai 2011, je suis allé à Conakry dans le quartier de ma sœur où j’étais logé .Je suis partis voir jouer les jeunes mais je restais pas longtemps, car c’était dangereux. Il y avait deux endroits où les jeunes jouent le plus souvent. Le premier, les jeunes faisaient la queue à partir de 9h le matin, chacun son tour pour occuper l’espace. Pour jouer dans le second espace, il fallait jouer vite car il fallait attendre qu’il n’y ait pas de véhicules qui passent. De plus, étant donné l’âge de ces jeunes, ils doivent jouer avec autre chose que des ballons en plastique et avec des chaussures de football. Siguiri est la première étape. Nous allons, s’il plaît au bon Dieu, faire la même chose dans chaque région pour éviter l’éloignement des enfants de leurs parents. En effet, pour faire quoi que ce soit on doit être entouré des gens que l’on aime. C’est la présence et les encouragements des proches qui font qu’un individu trouve la force et l’énergie pour réussir. Je suis Guinéen et non régionaliste. J’aime tous les enfants du pays. En faisant les recrutements jusque dans les villages nous ne laisserons personne au bord de la route. Tout le monde aura sa chance. Notre pays a des diamants dont on se doit de faire briller, ce sont nos enfants.

 

Guinee58 : Quel est le niveau d’avancement de ce projet ?

Sékou Keita : Doucement mais sûrement. Actuellement, j’ai une centaine d’amis qui m’a fait parvenir des promesses de dons ou de parrainage (cinquante euros par an). D’autres ont déjà donné leur participation. Tous les jours que le Bon Dieu fait je reçois de l’argent ou des équipements. Quelques démarches en cours restent à faire afin que le conseil général des Yvelines intervienne financièrement. Le 10/06/2012 sera l’occasion de mieux faire connaitre le projet, de vendre éventuellement des biens qui restent à définir afin d’obtenir des financements. J’ai également des promesses d’interventions auprès de certaines personnes au ministère de la jeunesse française.

 

 

Guinee58 : Qu’est-ce qui vous bloque ?

Sékou Keita : Là où ça bloque, c’est d’avoir des partenaires locaux pour le financement d’une partie du projet. Car si le conseil général prend 50% de 100.000 euros à charge. Ils veulent en échange des garanties sur la pérennité du centre, s’’assurer de son bon fonctionnement (la prise en charge des éducateurs sportifs et des enseignants, le contenu des formations proposées, le coût du fonctionnement, les recettes d’exploitation avec les parrainages).

 

Guinee58 : Les autorités guinéennes ou la SAG sont-elles disposées à vous aider ?

Sékou Keita : Les autorités ont fait une grande partie du travail avec la mise à disposition du terrain et pourront également mettre à disposition de la main d’œuvre pour la construction du bâtiment. Dernièrement le secrétaire général de la préfecture m’a dit qu’il devait rencontrer les dirigeants de la S.A.G pour demander une participation exceptionnelle de leur part à la construction. Depuis je n’ai pas de nouvelles. D’ici cet été si je n’ai pas de nouvelles je vais encore me déplacer. Depuis 2006, je suis allé quatre fois en Guinée et mon épouse une fois pour la S.A.G. Cependant j’ai encore un petit espoir.

 

Guinee58 : Selon vous, pourquoi les autorités guinéennes ne vous aident pas comme elles le devraient ?

Sékou Keita : Je ne pense pas que les autorités Guinéennes ne veulent pas m’aider parce que je ne pense pas que tout le monde soit informé du projet. Seules deux personnes sont au courant du projet. La première est Monsieur le ministre de la jeunesse et des sports Monsieur Aboubcar Camara. De notre entretien rien n’est sorti de positif. J’ai alors porté tous mes espoirs vers Monsieur Kerfala Yansané, Ministre des Finances qui fût mon entraineur au Guinée football club et auprès duquel j’ai évolué plusieurs années quand je jouais en province. A chacun de ses appels j’ai répondu présent car c’était ma façon de porter les couleurs de mon pays. Absolument rien n’est sorti de ce nouvel entretien et malheureusement, je doute qu’ils en aient parlé au haut lieu. En effet, si le président le savait je pense qu’il aurait agi puisque d’après mon ami Karim Diallo de Guinée football club, le président venait souvent à la cité universitaire nous voir jouer. Donc il doit aimer le football. D’autre part, ce projet prépare l’avenir de nos jeunes guinéens.

 

Guinee58 : Croyez-vous à l’aboutissement de ce projet malgré les difficultés?

Sékou Keita : Vous savez, il y a des moments où je suis pris de découragement, mais quand je vois les encouragements que je reçois, des amis, de mon épouse, de mes filles, l’argent des parrainages, le soutien considérable de l’ancien capitaine du Syli National, de notre frère Koné dit Sixeau et des membres de l’association l’Asproque, dont le président est le Cap Mazo, je me dis que je n’ai pas le droit de laisser tomber! De plus, maintenant, vous qui m’accordez une interview parce que vous croyez au projet! Vous savez, j’aime mon pays, avec les sacrifices qui vont avec. En effet, à part le premier voyage payé par Badenya France, tous les autres voyages je les paie de ma poche, et à vrai dire financer ces voyages commence à être difficile. Après chaque prière, je me dis que si le projet se fait, cela sera la plus grande réussite du sport Guinéen! Inch’allah! Notre jeunesse est notre avenir et sera notre force.

 

Guinee58 : Pour finir, quel message voudriez-vous lancer aux bonnes volontés?

Sékou Keita : A mes sœurs et frères je dis ce projet est notre projet à nous tous. Pas le mien ni celui de Badenya. Tous ceux qui peuvent faire quelque chose se doivent de le faire car il va de l’avenir de nos enfants, de notre Pays. Aucun projet n’a été aussi ambitieux car il donne la chance à tous! Celui qui ne sait pas faire du football fera de la course à pied, celui qui n’aime pas la course à pied fera du tennis…

 

Guinee58 : Nous vous remercions d’avoir répondu à nos questions et vous souhaitons bonne chance.

Sékou Keita : Merci à vous de faire connaître mon projet au plus grand nombre, et j’espère que cela aura éveillé l’intérêt de quelques-uns de vos lecteurs. Pour toutes questions, n’hésitez pas, vous pouvez me joindre sur mon adresse e-mail: s.keita@sfr.fr.

 

Propos recueillis par l’équipe de www.guinee58.com



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