| Régime étrange en Guinée |
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| Analyses |
| Lundi, 08 Mars 2010 21:01 |
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Depuis la reconnaissance par lui de sa maladie, Lansana Conté avait pris une habitude, il n’assistait plus au Conseil des Ministres. C’est désormais le Premier Ministre qui présidait ce conseil. Cependant Lansana Conté demeurait le chef de l’exécutif.
Son absence au conseil des Ministres, pouvait se comprendre, même si elle ne se justifiait pas, car il était toujours le président et n’a pas voulu démissionner pour se consacrer à ses soins. Après les émeutes de janvier 2007, Lansana Conté signe l’accord du 27 janvier lui demandant de nommer un Premier Ministre, chef de gouvernement. Il prend un décret le 31 janvier 2007 où il rend le PM entièrement responsable du fonctionnement du gouvernement devant le Président de
L’indifférence de Conté vis-à-vis du Conseil des Ministres où doivent normalement se prendre les décisions sur la gestion de l’Etat va se transformer en « institution » après sa mort. C’est ainsi que Dadis Camara autoproclamé Président n’assistait pas au Conseil des Ministres, laissant cela au Premier Ministre Kabinet Komara. Selon l’ordonnance de Dadis « le nouveau Premier ministre est chargé de contrôler, coordonner et diriger l’action gouvernementale. Il est responsable de la bonne marche du gouvernement devant le président de
Ainsi, en Guinée, le Président qui est le véritable chef du pouvoir exécutif ne préside plus le Conseil des Ministres, cette tâche, est désormais réservée au Premier Ministre, qui pourtant n’est pas le véritable chef du gouvernement.
Cette « nouvelle tradition » est entérinée par les accords de Ouagadougou après la mise hors jeu de Dadis Camara, remplacé désormais à la tête de l’Etat par son Ministre de
Que dit l’Accord de Ouagadougou. Son point 5 prévoit la nomination d’un Premier Ministre, Président du Conseil des Ministres, issu des Forces vives de Guinée.
On aura noté que l’Accord de Ouagadougou ne fait pas du Premier Ministre, le chef du gouvernement. Cependant dans le décret portant sa nomination, il est dit que le Premier Ministre est chef de gouvernement. Mais en fait il ne dispose pas du pouvoir réglementaire (signature des décrets et ordonnances). Alors peut-il réellement être un chef de gouvernement sans un tel pouvoir ? Dans
Si, le Premier ministre ne dispose pas du pouvoir règlementaire et le chef de l’Etat qui a gardé les vestiges des prérogatives de Conté signe les décrets mais n’assiste pas au Conseil des Ministres, comment seront prises les décisions ?
Il faut souligner que dans le fonctionnement normal de l’Etat, certains décrets sont pris en Conseil des Ministres. C’est certain qu’avec de tels rafistolages, il y a et il y aura un dysfonctionnement de l’Etat. L’action gouvernementale doit être coordonnée. Comment le sera-t-elle quand le véritable chef du gouvernement n’assiste pas au Conseil des Ministres ? D’autant qu’il a un cabinet parallèle avec trois Ministres dont le tout dernier, Ministre Secrétaire général de
Voyons comment cela se passe ailleurs. Le Bénin a un régime présidentiel qui s’apparente au régime instauré par la feue Constitution guinéenne. L’article 54 de
Parmi les voisins de
Au pays qui assure la médiation en Guinée, en Côte d’Ivoire et au Togo, le Burkina Faso, c’est le Premier Ministre qui est chef du gouvernement, bien que
Dans l’Etat qui a inspiré les pays francophones dans le choix d’un exécutif dyarchique (Président, PM),
En Guinée, « le chef du gouvernement », ayant hérité de la jurisprudence Kouyaté, ne semble pas disposer du pouvoir règlementaire. Pendant ce temps, celui qui dispose de ce pouvoir continue son tour du monde. Les forces politiques, elles, sont occupées à se partager les « butins » de postes que leur ont rapportées les luttes du peuple qui souhaite un changement qualitatif. Elles sont loin de se soucier du fonctionnement très peu démocratique de l’Etat, et en leur propre sein. Le Conseil National de Transition qui est sensé élaborer la nouvelle Constitution et le nouveau code électoral cherche à y caser toute
Peu importe les incohérences et incommodités de En attendant, le spectacle politique continue.
Hassatou BALDE |