| La Guinée inquiète le Sénégal |
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| Analyses |
| Samedi, 23 Janvier 2010 20:15 |
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S’il y a bien un pays où le drame de la Guinée Conakry ne laisse pas indifférent, c’est le Sénégal. Ces deux nations ont une vaste frontière commune. De nombreux Guinéens ont trouvé refuge au Sénégal depuis des dizaines d’années. Ils sont venus s’installer au « pays de la Teranga » pour fuir le marasme économique. Mais aussi les persécutions politiques. Du temps de la dictature de Sékou Touré (au pouvoir jusqu’à son décès en 1984), les Peuls étaient persécutés en Guinée. De nombreux Peuls guinéens sont venus se réfugier au Sénégal dès cette époque. A commencer par un certain Tierno Monénembo qui est par la suite devenu le célèbre écrivain que l’on sait. En 2008, son beau roman, le Roi de Kahel (Ed Le Seuil) a reçu le prix Renaudot. Ces derniers mois de nouveaux immigrés politiques guinéens ont fait leur apparition à Dakar et ailleurs au Sénégal. La junte de Conakry faisant à nouveau régner la terreur sous la houlette du capitaine Moussa Dadis Camara. Surnommés par la population locale « peuls Guinée », ces Peuls venus de Conakry jouent un rôle économique important, notamment dans le commerce. Leur nombre est difficile à estimer. « Mais ils font partie du paysage urbain notamment à Dakar », souligne un commerçant sénégalais. Les petits cireurs de chaussures sont bien souvent, eux aussi, originaires de Guinée. Le président sénégalais, Abdoulaye Wade avait apporté son soutien à Dadis Camara, le militaire putschiste, qui a été victime d’une tentative d’assassinat le 3 décembre 2009. Et qui depuis a quitté le pouvoir. Et vient d’admettre que la transition allait désormais se faire sans lui. Aujourd’hui, bien des Sénégalais ironisent sur la folie des grandeurs du petit capitaine de Conakry qui a failli plonger son « pays dans le chaos ». Comme en témoigne cet éditorial du quotidien sénégalais Kotch. Dadis Camara : grandeur et décadence d’un capitaine fantasque Qui ne se souvient du désormais célèbre « Dadis Show » (le président guinéen intervenait régulièrement en direct à la télévision guinéenne) que les internautes du monde entier téléchargent dans leurs machines, partagés entre l’incrédulité et le fou rire ? Ce mauvais feuilleton, servi pendant longtemps aux Guinéens comme une vulgaire telenovela a d’abord amusé puis carrément indigné devant les douteuses facéties d’un obscur soldat parvenu au sommet de l’Etat par un incroyable concours de circonstances. On pouvait y voir, selon les saisons, le fantasque capitaine passer en direct un savon mémorable à l’ambassadeur d’un pays étranger ou humilier un officier supérieur qui l’avait pourtant eu sous ses ordres. Entouré de cerbères armés jusqu’aux dents et qu’on croirait tout droit sorti d’une mauvaise bande dessinée, Dadis Camara, très pâle copie du regretté capitaine Thomas Sankara (dirigeant du Burkina Faso, assassiné en 1987), vociférait, fulminait, vitupérait, éructait, prenant un malin plaisir à écraser de sa superbe les malheureux qui « comparaissaient » devant son si spécial tribunal télévisuel. Baragouinant un français qui ferait honte à un Tirailleur de la Grande guerre, le capitaine qui aimait tellement s’écouter parler, avait franchi toutes les limites du ridicule en invitant les caméras de France 24, qui n’en revenaient pas de cet incroyable scoop, jusque dans…sa chambre à coucher ! Beaucoup d’eau ayant coulé sous les ponts après l’attentat commis par son ancien aide de camp qui a failli le faire passer de vie à trépas, le contraste était saisissant entre le volubile officier qui assurait naguère le spectacle et l’homme extrêmement affaibli qu’on a vu à Ouagadougou parapher un accord de paix. L’homme jadis si fringant dans son uniforme mais quasiment réduit à l’état de zombie dans son costume civil, avec cette horrible balafre qui lui mangeait la moitié du crâne, faisait vraiment pitié à voir. Hier véritable attraction d’un cirque médiatique, Dadis est devenu une sorte de bête curieuse que les caméras ont complaisamment montré dans une sorte de voyeurisme malsain (Le capitaine Moussa Dadis Camara, chef de la junte guinéenne qui a été victime d’une tentative d’attentat le 3 décembre, a déclaré qu’il apportait son soutien à un plan de nomination d’un gouvernement de transition et qu’il ne chercherait pas à retrouver le pouvoir). C’est la rançon de la gloire dans nos tristes tropiques où la roche Tarpéienne n’est jamais loin du Capitole pour les satrapes. La preuve par Mobutu Sese Seko (ex dirigeant du Zaïre), Idi Amine Dada (ex-dictateur ougandais), Bokassa (ex-empereur de la Centrafrique) et autres tyrans ubuesques qui sont tous allés jusqu’au bout de leur folie. Moussa Dadis Camara vient de rallonger cette liste des autocrates au petit pied qui ont tout raté. Même leur sortie de scène.
Barka Ba http://dakarparis.blog.lemonde.fr
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Commentaires
svp arretons de faire des fixations
Connaissez vous le nombre de guinéens qui vivent à l'étranger ?
SVP concentrons nous sur la reconstruction de notre cher pays Citer